Mona Bismarck Foundation ~ Paris Cultural Center

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La Mona Bismarck Foundation a le plaisir de recevoir l’exposition « Made in France, by Americans » conçue et réalisée par la Fondation d’entreprise Bernardaud. Présentée à Limoges, siège de la Fondation, depuis le 19 juin 2009, elle sera à Paris du 17 février au 17 avril 2010.

 

 

L’univers de la céramique française a été profondément bouleversé depuis les années 1990 par l’irruption d’un petit nombre de sculpteurs-céramistes d’origine nord-américaine qui se sont installés en France. Leur formation initiale outre-atlantique souvent continuée en Europe, ainsi que l’évolution de leur pratique de la céramique en France, ont permis qu’ils s’y affirment avec une grande indépendance. Dotés d’une ouverture d’esprit iconoclaste, ils bousculent aujourd’hui de façon stimulante une situation française qui reste encore trop sous influence des traditions locales de la faïence, du grès ou de la porcelaine et qui a souffert depuis les années 60 d’une fascination excessive pour l’Orient.

 

En France, l’équation céramique=artisanat dissuade de nombreux artistes de s’engager dans une recherche sculpturale en utilisant ce matériau. La réalité américaine est très différente : le clivage entre art et arts appliqués y est moins absolu qu’en Europe, avec un système d’éducation multidisciplinaire. Les collectionneurs y sont plus ouverts et le mélange des pratiques artistiques constitue la règle d’un marché soutenu principalement par l’initiative privée. La connaissance ou l’expérience de cette réalité a sans doute contribué fortement à désinhiber les huit sculpteurs d’origine américaine invités à exposer leurs œuvres.

 

Parmi ces artistes, Jonathan Hammer est le seul à avoir réalisé ses oeuvres dans le cadre de la Fondation Bernardaud. Originaire de Chicago, l’artiste ne s’est pas installé en France, mais à Barcelone (Espagne). En 2007, la Fondation Bernardaud l’a invité à mettre au point un projet qui lui tenait à cœur : sept grandes sculptures-culbutos en porcelaine. Le résultat de ce séjour est surprenant à plus d’un titre : ces « jouets » monumentaux en porcelaine ont en effet constitué un véritable défi pour les artisans de la Manufacture. Sculptures « fonctionnelles » - puisqu’on peut basculer et faire dodeliner ces clowns-culbutos de 1,20 m de hauteur - ces pièces insolites mettent parfaitement à l’honneur les qualités de résistance et de solidité du matériau, tout en valorisant la blancheur éclatante de la porcelaine émaillée et sa capacité à réfléchir la lumière.

 

Daphne Corregan, Wayne Fischer, Jeffrey Haines, Jonathan Hammer, Patrick Loughran, Kristin McKirdy, Luisa Maisel, Wade Saunders.

 

Ces huit «empêcheurs de tourner en rond» font souffler un vent nouveau sur la céramique actuelle. Créateurs bi-culturels, ils ont su se démarquer de la tendance post-moderne copiée du design italien, mais affaiblie et sans véritable extravagance, qui a prévalu en France au cours des années 80, pour produire en toute sincérité - et pour cette raison même dans un certain isolement - des œuvres riches de leurs expériences personnelles, de leurs voyages et de leur intérêt pour d’autres formes d’art. Avec rigueur ou décontraction selon leur personnalité, qu’ils soient enclins à une abstraction des formes ou attirés par la figuration narrative, ils privilégient tous la recherche, dans un renouvellement constant de leur inspiration en phase avec la vitesse du monde. Avec la couleur, l’humour et la sensualité comme propos, ces Américains en France vont faire vibrer, après Limoges, l’esprit « Funky » à la Mona Bismarck Foundation !

 

Frédéric Bodet

 


 

Jonathan Hammer, né en 1960, vit à barcelone, Espagne

 

 

clown

Button Ass © Fondation d'entreprise Bernardaud

L’œuvre de Jonathan Hammer, originaire de Chicago, est très appréciée sur la scène de l’art contemporain. De grands musées américains (le MoMA et le Musée Whitney à New York, le Musée d’art moderne de San Francisco, le Musée d’art contemporain de Los Angeles...) ont déjà intégré certaines de ses pièces. Des galeries réputées, en Espagne et aux Etats-Unis, représentent son travail. Son installation intitulée Button Ass réalisée par la Fondation Bernardaud a nécessité deux années de mise au point, de 2007 à 2009, en raison de la conception technique complexe des culbutos : des billes de métal sont en effet intégrées à l’intérieur des volumes de porcelaine, afin d’assurer leur mouvement de bascule.
« Je travaille autour d’un certain type de jouets, caractérisés par une ambivalence dans leur conception, leur forme ou leur fonction : à la fois bourreaux et victimes, maîtres et esclaves, dominants et dominés. Quelque chose que nous pouvons dans le même mouvement aimer et torturer, chérir et maltraiter. C’est pour moi une parfaite représentation du rôle qu’alloue la société à l’artiste : à la fois le plus libre de ses membres et celui sur qui chacun projette sa propre conception de la liberté, jusqu’à l’y emprisonner. (...) J’ai souvent créé, sous forme de dessin ou de photo, des objets en mouvement, autour de l’image du cheval à bascule (...) ou bien celle encore du culbuto, que l’on peut pousser tant qu’on veut, mais qui toujours se redressera. (...)


Le titre de cette installation constituée de sept pièces en porcelaine est Button Ass - « Cul/buttons », dans une terminologie duchampienne - en relation avec le nom du jouet en français, le culbuto. L’origine du verbe culbuter est un terme militaire qui signifie « renverser » en parlant d’un ennemi. Mais même si l’origine militaire est claire, l’étymologie garde, dans son sens le plus littéral, l’idée de « jeter quelqu’un cul par-dessus tête », avec l’idée de domination sexuelle que cela implique...» (...)


Extraits d’un texte de Jonathan Hammer.


 

Daphne Corregan, née en 1954, vit à Monaco et Draguignan (Var).

 

 

breathing

Breathing © Gilles Suffren

Two Bellies

Two Bellies © Gilles Suffren

Daphne Corregan a grandi à Pittsburgh, en Pennsylvanie. Elle s’est intéressée très tôt à l’art, décidant à 15 ans de devenir céramiste. A 16 ans, elle quitte avec ses parents les Etats-Unis pour s’installer dans le Sud de la France. Elle étudie aux Beaux-Arts d’Aix-en- Provence dans l’atelier céramique de Jean Biagini, puis avec Jim Romberg à Sun Valley (Idaho, U.S.A). Depuis 1989, elle enseigne la sculpture à l’Ecole supérieure d’arts plastique (ESAP) de Monaco.


C’est grâce à ses nombreux voyages au Mexique, au Nouveau-Mexique, puis en Afrique (Burkina-Faso, Mali, Bénin...) que la céramiste, influencée par les couleurs, les poteries populaires, les bijoux ethniques, les textiles, a affirmé son travail. L’artiste passe beaucoup de temps à faire des croquis avant de choisir une forme, sans définition trop précise pour en garder l’interprétation libre, qui sera déclinée ensuite en une petite série évolutive. Elle travaille souvent autour de l’idée d’une forme refermée autour d’un vide (crânes, anneaux ou forme organique enflée...). Ces formes se retrouvent ensuite comme enveloppées par un décor.

 

Parce qu’elle est imprégnée de la mémoire des formes esthétiques liée à l’usage et qu’elle joue souvent sur la répétition intentionnelle des formes et des décors, l’œuvre de Daphne Corregan entre de plain-pied dans « l’art décoratif », dans la meilleure acception de ce terme. La céramiste a un intérêt particulier pour la puissance envahissante des motifs, qu’ils soient industriels (patchworks, textiles, frises et pochoirs, papiers peints...) ou plus traditionnellement liés à la culture céramique, tels que ces décors de pivoines de la porcelaine chinoise qu’elle appose sur ses récentes sculptures, les Bellies et les Breathing. Le décor graphique est toujours en position centrale, mais en fragments découpés alternant avec des zones calmes traitées au noir d’enfumage qui sont parfois elles aussi gravées de scarifications ou percées de trous.

 

 


 

Wayne Fischer, né en 1953, vit à Revest-les-Eaux (Var).

 

 

©Wayne Fischer

Originaire de Milwaukee (Wisconsin), Wayne Fischer a étudié l’art, la physique et l’astronomie de 1972 à 1978. Passionné par les fossiles et les origines de la vie, il oriente sa création vers la sculpture et choisit son matériau de prédilection, la porcelaine. Il cherche à exprimer l’essence de la vie entre germination rassurante et dérèglements ténébreux, entre nature et étrangeté, thèmes qui vont constituer le fil conducteur de toute son œuvre dont les traits essentiels ont été mis au point au milieu des années 80. En 1986, il quitte Boston pour s’installer à Paris. Depuis 1992, il vit et travaille dans le sud de la France, près de Toulon.


Le propos de Wayne Fischer est en accord avec les caractéristiques de fluidité et de plasticité de la porcelaine : les plaques sont moulées sur des formes molles, puis montées en volumes, rassemblées face et dos tel un patron de couture, les trouées intérieures tournées indépendamment, puis raccordées afin de constituer des doubles parois d’une technique admirable. Les surfaces sont ensuite accentuées dans leurs creux et bosses grâce à la projection au spray d’un émail mat grisé, bleuté ou violacé. Après cuisson, un processus patient de sablage et de ponçage procure à la porcelaine une glaciation nacrée de sa surface, combinant matité et transparence.

 

 

© Wayne Fischer

Chaque pièce devient comme un fossile précieux, mais peut évoquer aussi l’épiderme humain, courbes molles et nodules nerveux, renflements et crevasses, muscles et os sous la peau. Ces préoccupations esthétiques trouvent une conjonction avec le goût du fantastique et de l’anticipation palpable dans l’art actuel et le design : formes visqueuses mais compactes de Matthew Barney, fascination pour l’univers médical et les métamorphoses du corps chez Orlan, inspiration toujours plus organique de Marc Newson.







 

Jeffrey Haines, né en 1962, vit à Nice (Alpes-Maritimes).

 

 

handle

Handle ©Jeffrey Haines

Pure

Pure ©Jeffrey Haines

Originaire de Miami en Floride, Jeffrey Haines étudie la littérature et l’art à l’université d’Eastern Kentucky et à l’université de Tennessee en 1992. Il part en Europe, direction Amsterdam, où il suit le programme du Sandberg Institute (post-diplôme de la Gerrit Rietveld Académie) dont il sort diplômé en 1997. Sa carrière se développe dès lors aux Pays-Bas, et il expose régulièrement à la Galerie De Witte Voet, spécialisée dans l’art céramique contemporain le plus expérimental. Durant deux ans (2000-2001), il assiste plusieurs artistes à l’European Ceramic Work Centre d’s-Hertogenbosch, important lieu de résidence pour artistes internationaux désireux de réaliser un projet céramique. Son travail personnel est représenté en France par la galerie Hehenbeck à Paris et à Nice, ville où il s’installe à partir de 2003. Il enseigne à l’Ecole supérieure d’arts plastiques de Monaco, depuis 2003, aux côtés de Daphne Corregan.

 

Les sculptures récentes de Jeffrey Haines sont des « pièces de main » conçues pour être touchées.


L’artiste influencé par l’ergonomie des armes défensives (poings américains), évoque des formes allusives surgies du secret de l’alcôve et de l’univers fantasmatique des jouets sexuels. Empreintes d’humour noir et de morbidité joyeuse, elles suscitent en nous indistinctement attraction et répulsion, car elles nous relient directement à nos propres peurs ou désirs, en questionnant ce qu’on s’autorise finalement à vivre, selon l’idée très contrastée que chacun se fait du plaisir ou de la douleur en fonction des tabous et préjugés qui ont pesé sur notre éducation. Habilement, les œuvres de Jeffrey Haines nous entraînent vers les nappes les plus secrètes de notre inconscient.

 

 


 

Patrick Loughran, né en 1948, vit à Paris (Ile de France)

 

 

Tango

Tango ©Sylvain Modet

Originaire de Détroit, Patrick Loughran a étudié les sciences politiques, puis la sculpture et les arts appliqués à l’Université de Columbia. Il a enseigné pendant plusieurs années la céramique dans différentes universités à New York et au Nouveau-Mexique, a montré ses œuvres régulièrement aux Etats- Unis (surtout de la vaisselle utilitaire décorée très fantaisiste). Il s’est installé en 1992 à Paris, et enseigne depuis 1999 à l’Ecole Nationale Supérieure d’Art (ENSA) de Limoges- Aubusson.
Depuis la fin des années 90, Patrick Loughran montre fréquemment ses oeuvres en France. Elles révèlent à un public encore peu habitué la liberté insolente et l’étrangeté fondamentale de ses sculptures en terre cuite émaillée, au caractère organique et burlesque, liées esthétiquement à tout un courant de la céramique américaine actuelle - dont les figures de proue sont Michael Lucero, Betty Woodman, Arnold Zimmerman ou Adrian Saxe. Mais le style de Loughran est plus relâché, moins précieux que ces références transatlantiques.

Revendiquant l’ancrage de son métier autant dans l’histoire de l’art céramique que dans celle plus générale de l’architecture ou de la sculpture (David Smith ou Brancusi font partie de ses références), le sculpteur trouve une corrélation entre la manipulation de la terre et une pratique très libre du dessin et de la couleur, travaillant dans les deux cas dans l’impulsion du geste, d’une manière proche de l’écriture automatique. Par exemple, il utilise les émaux comme le ferait un cuisinier, en coulis de caramel sur des boules réalisées en différentes argiles (balles de clowns ou profiteroles) afin d’en étudier les différentes transformations colorées à la cuisson. Il s’intéresse donc plus à la déstructuration des formes qu’à leur construction, comme s’il cherchait à atteindre un point critique, où la forme trop lourde ou instable menace de s’affaisser. Certaines sculptures, tel son grand Iceberg bleuté, tiennent comme un échafaudage branlant, vaguement inspiré du squelette humain ou d’une ramure végétale, qui serait rassemblé - ou mis en péril, c’est selon - par les lambeaux couturés d’une épaisse peau de terre cuite.

 

 


 

Kristin McKirdy, née en 1958, vit près de Fontainebleau (Seine et Marne)
A reçu le Prix Liliane Bettencourt pour l’Intelligence de la Main en octobre 2009

 

 

©Benoît Grellet

Née au Canada, de nationalité américaine, arrivée très jeune en France, Kristin McKirdy a d’abord fait une licence de lettres, puis une maîtrise en histoire de la céramique moderne à Paris IV-Sorbonne. Elle s’est formée aux techniques de la céramique dès l’âge de 15 ans dans différentes écoles d’art et résidences artistiques, aux Etats- Unis et au Canada. En 1990, elle obtient le Master of Fine Arts de l’Université de Californie, Los Angeles (UCLA), sous la direction du célèbre céramiste américain Adrian Saxe. Un temps designer et conseiller artistique dans l’industrie céramique à Reykjavik (Islande), elle enseigne dans différentes écoles en Californie et en Islande, à la Parsons School of Design à Paris (depuis 1993) et maintenant à l’Ecole Nationale Supérieure d’Art (ENSA) de Limoges-Aubusson. Respectueuse des traditions, mais ayant ouvert sa culture céramique à de multiples horizons, Kristin McKirdy a initialement été influencée par les préceptes du potier et théoricien anglais Bernard Leach.

 

 

©Benoît Grellet

Elle se sent proche également des oeuvres de certaines icônes du Studio Pottery anglais - tels Hans Coper et Lucie Rie. Inspirée par la rigueur des potiers scandinaves dans les années 50-70, elle apprécie de la céramique américaine actuelle l’approche abstraite maîtrisée et la précision formelle de certains sculpteurs- céramistes comme Ron Nagle ou Kenneth Price. Son répertoire personnel est ancré au plus près des profils millénaires de l’art céramique, le vase, la coupe, l’amphore, le rapport intérieur-extérieur, la matrice, le fruit, la graine. L’épure de son dessin et sa vision abstraite ont contribué à rendre ses créations compactes, aux courbes voluptueuses et aux allusions sensuelles, mais toujours plus closes sur elles-mêmes, imposant la distance avec les objets du quotidien. Ses plus récentes créations, les Icebergs, sont conçues tels des territoires exprimant une tension, une fracture, ou un changement d’état - passer d’une surface rugueuse à une surface lisse, d’un bloc compact à deux éléments distincts - en une dialectique bipolaire devenue emblème de l’œuvre entière.

 

 


 

 

 Luisa Maisel, née en 1959, vit à Toulouse (Haute-Garonne)

 

 

Where Have All The Young Boys Gone?

Where Have All The Young Girls Gone? ©Jeffrey Haines

Where Have All The Young Girls Gone?

Where Have All The Young Girls Gone? ©Jeffrey Haines

My America

My America ©Jeffrey Haines

Luisa Maisel s’est formée à la School of Visual Arts de New York. Elle est arrivée en France en 1988 et entame une carrière dans différentes agences de design graphique, tout en enseignant à la Parsons School of Design de Paris, jusqu’en 1993. Depuis une quinzaine d’années, installée à Toulouse, elle a choisi la création céramique et réalise des sculptures de grandes dimensions, en terre cuite engobée ou émaillée, assez éloignées des habitudes constructives et des thématiques de la céramique française.

 

 


Par la représentation d’objets et de figures très colorées, Luisa Maisel entre en communion esthétique avec le monde qui l’environne, dans une empathie avec les douleurs humaines, telles que l’exil ou la séparation d’êtres chers. Ses pièces empruntent au Pop Art autant qu’au Surréalisme, au rayon des souvenirs kitsch aussi bien qu’aux grands classiques, avec souvent un contenu politique sous-jacent, en ce qu’elles témoignent « à chaud » de sujets de société et de préoccupations liées à l’actualité : les deux œuvres intitulées Where Have All The Young Girls Gone ? et Where Have All The Young Boys Gone ? ont été par exemple directement inspirées par la catastrophe naturelle du tsunami en Thaïlande (2004).

 

 


Dans certaines œuvres My America et My France, Luisa Maisel travaille sur ses mythologies personnelles, celles de ses souvenirs d’enfance, en procédant - comme l’on imagine les strates de la mémoire dans le cerveau - par la condensation et l’accumulation de matières et d’objets. L’un de ses thèmes favoris est le temps qui passe, la nostalgie de ce qui n’est plus. L’artiste fixe ce passage inexorable du temps en façonnant, par moulage ou estampage, les objets fétiches marquant les souvenirs liés aux différents âges de la vie.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Wade Saunders, né en 1949, vit à Paris (Ile de France)

 

 

A Room Of One’s Own

A Room Of One’s Own ©Wade Saunders

Originaire de Berkeley (Californie), Wade Saunders a étudié l’art à Université de Californie, à San Diego. Il a exposé de façon continuelle aux Etats-Unis depuis 1975, et ses sculptures sont présentes dans les collections de musées importants tels que le Metropolitan Museum de New York, la Corcoran Gallery à Washington, les musées d’art de Philadelphie et de Seattle, ainsi que dans la collection privée de la Chase Manhattan Bank. Depuis 1990, il vit et travaille à Paris. En tant que critique d’art, il collabore depuis 1978 à la revue « Art in America ». Il enseigne à la Parsons School of Art and Design de Paris, ainsi qu’à l’Institut d’Etudes politiques. En 2006, il réalise une commande publique importante, la halle de la Place du Marché d’Amilly (Loiret).

Wade Saunders est un « artiste voyageur » aimant concevoir ses œuvres in situ. Chaque œuvre devient ainsi comme un journal de bord, réalisée avec une grande intelligence plastique à partir de matériaux hétérogènes (bois, granit, plastique, bronze, terre cuite, textiles, éléments végétaux...), avec des moyens techniques en accord avec la culture de chaque pays visité. L’artiste parvient - avec quelquefois le savoir-faire d’artisans locaux, comme ce fut le cas en Inde - à réaliser des formes simples volontairement peu démonstratives et peu bavardes, qui communiquent au spectateur des sensations ambivalentes de mouvements ou de torsions, de ruptures de symétrie et d’équilibres fragiles, de concentration massive ou au contraire de dispersion (les angles en carrelage industriel des sculptures intitulées A Room Of One’s Own et Cart).

 

 


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La Mona Bismarck Foundation


Créée dans les années 1980 par feu la comtesse Mona Bismarck, la Mona Bismarck Foundation soutient des activités artistiques, littéraires, scientifiques et pédagogiques favorisant principalement les liens entre la France et les Etats-Unis.


Cette Fondation philanthropique américaine, dont le siège se situe dans l’Etat de New York, a pour principale vocation d’animer un centre culturel parisien situé dans l’ancien hôtel particulier de Mona Bismarck, avenue de New York. Ce centre dynamique propose gratuitement au public un programme éclectique composé d’expositions, de séminaires ou d’événements mettant en avant les échanges culturels franco-américains et reflétant les goûts et les intérêts de feu la comtesse Mona Bismarck. Deux grandes expositions y sont organisées dans l’année, sur les thèmes de la peinture, la sculpture, la mode ou encore la photographie. Le centre possède en outre une bibliothèque consacrée à l’étude de l’histoire et de la culture américaine ainsi qu’un espace de travail et de conférences. La Mona Bismarck Foundation accueille également plusieurs associations franco-américaines. Une mosaïque d’activités qui fait aujourd’hui de cette Fondation un lieu original et incontournable de découvertes, d’enseignement, de rencontres et d’échanges entre les continents européen et américain.


Mona Bismarck


Férue d’art et de culture, passionnée par la botanique et l’horticulture, altruiste, Mona Bismarck est l’une des dernières grandes philanthropes du XXème siècle. Toute sa vie durant, elle ne cessa d’inventer une façon d’être et un art de vivre où primaient élégance, esprit et générosité. Sa fortune et son titre de noblesse semblent bien éloignés de ses origines typiquement américaines. Née Strader, Mona fut élevée en demoiselle de bonne famille selon la plus pure tradition du sud, dans un ranch de la légendaire région du Bluegrass dans le Kentucky. Elle épousa dans les années 1920, l’industriel américain Harrison Williams, elle acquit la réputation d’être l’une des femmes les plus belles et les plus élégantes de cette époque. Devenue veuve, elle épousa le comte Edward Bismarck, petit-neveu du chancelier Otto Bismarck.


La quintessence de son style fut célébrée dans une chanson de Cole Porter, tandis que sa beauté, son esprit et son élégance captivèrent et séduisirent de nombreux artistes tels que les peintres Salvador Dali, Leonor Fini, Bernard Boutet de Monvel ou les photographes Cecil Beaton, Edward Steichen et Horst. Mona Bismarck était entourée d’hommes d’Etat (les présidents Roosevelt et Eisenhower), de monarques (le duc de Windsor, le Shah d’Iran ou la princesse Grace de Monaco), d’écrivains, de comédiens, d’acteurs ou de grands couturiers (Greta Garbo, Cristobal Balenciaga, Tenessee Williams, Truman Capote, Paul Newman, Erich Remarque ou Hubert de Givenchy).
Cette personnalité passionnée, hors du commun, est dévoilée à travers sa correspondance conservée à la Filson Historical Society de Louisville dans le Kentucky. Des lettres, missives et autres documents d’où émanent un intérêt sans cesse en éveil, une curiosité accrue pour la philosophie, l’histoire de l’art ainsi qu’une chaleur, une générosité et une ouverture aux autres qui rendent aujourd’hui sa mémoire et son souvenir éternels.


Mona Bismarck est décédée à Paris le 10 juillet 1983.

 


 

Fondation Bernardaud

 

 

Réinventer la porcelaine : c’est sur ce principe que Michel Bernardaud créait en 2003 la Fondation d’entreprise Bernardaud, afin d’offrir à ce matériau magnifique mais méconnu, aux qualités et aux propriétés insoupçonnées, d’autres perspectives que celles de la table. L’objectif est de générer des échanges audacieux, explorer de nouveaux territoires, inventer des usages inédits et de révéler la force d’une maison, qui, depuis 1863, a fondé sa philosophie autour de trois valeurs : savoir-faire, innovation et créativité.

 

Dirigée par Hélène Huret, la Fondation Bernardaud a trois rôles principaux : accueillir des artistes dont les projets ouvrent de nouvelles perspectives, sensibiliser les pouvoirs publics à « l’intelligence de la main » et organiser chaque été une exposition thématique autour de la céramique (terre cuite, grès, faïence, et porcelaine) devenue un rendez-vous incontournables car elle fait découvrir, en toute liberté, des œuvres d’artistes peu représentés sur la scène française qui témoignent de l’activité contemporaine foisonnante et internationale de la céramique que la Fondation Bernardaud contribue à faire connaître.

 

LES EXPOSITIONS ESTIVALES DE LA FONDATION

 

2003 - « Le Céladon, céramiques d’hier et d’aujourd’hui » : une confrontation entre pièces anciennes et contemporaines réalisées autour d’une technique mise au point en Chine il y a plus de 3500 ans.

 

2004 - « L’Obsession du détail » : un hommage à la foncière singularité de six créateurs européens en céramique ayant comme point commun le souci de l’expression du détail.

 

2005 – « Terra Terre » : à l’occasion de l’année du Brésil en France, présentation de céramiques figuratives populaires brésiliennes provenant du musée Casa do Pontal à Rio de Janeiro.

 

2006 - « White Spirit » : les œuvres spectaculaires de dix jeunes créateurs européens en céramique blanche inspirées du corps humain.

 

2007 – « Double Vue » : photographies de Jean-Christophe Ballot prises au sein de la manufacture mises en regard avec quatorze projets design de l’Ecal (Ecole Cantonale d’art de Lausanne).

 

2008 - « Petits bouleversements au centre de la table » : une exploration du centre de table et du cérémonial qui lui est associé dans des œuvres s’intéressant à nos rapports à la nourriture et à l’art de vivre.

 

Exposition accueillie, après Limoges, au Musée des arts décoratifs à Paris de novembre 2008 à janvier 2009.

 


 

RENSEIGNEMENTS PRATIQUES


• Lieu
Mona Bismarck Foundation – 34, avenue de New-York – 75116 Paris – 01 47 23 38 88

• Dates et horaires de l’exposition
Du 17 février au 17 avril 2010 Du mardi au samedi, de 10h30 à 18h30 Fermé les jours fériés
Entrée libre

 

 

 

 





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